Bitcoin, un enjeu politique selon le professeur Rolland
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
Plus de 10 ans après sa chute, Mt. Gox s’apprête à distribuer les derniers 34 689 BTC à ses créanciers avant le 31 octobre. Faut-il craindre une vague de vente massive ? Analyse des scénarios et des précédents historiques.

Le fantôme de Mt. Gox, l’exchange de Bitcoin le plus célèbre et le plus tristement célèbre de l’histoire, est de retour pour hanter le marché. La date limite finale pour le remboursement de ses créanciers est fixée au 31 octobre 2025, et l’enjeu est de taille : environ 34 689 BTC, d’une valeur actuelle de près de 3,7 milliards de dollars, sont encore en attente de distribution. Alors que le compte à rebours est lancé, une question brûle toutes les lèvres : cette libération massive de “vieux” Bitcoins va-t-elle déclencher une vague de vente cataclysmique et faire chuter le prix ?
Pour comprendre l’appréhension du marché, il faut remonter à 2014. Mt. Gox, alors la plus grande bourse de Bitcoin au monde, s’effondre après avoir perdu près de 650 000 BTC dans une série de piratages. Après des années de batailles juridiques, un plan de réhabilitation civile a été mis en place pour indemniser les milliers de créanciers floués avec les fonds qui ont pu être récupérés.
Le processus de remboursement, qui a débuté en juillet 2024, est complexe et se déroule en plusieurs étapes. La date du 31 octobre ne marque pas un paiement unique, mais la date limite d’achèvement de plusieurs phases de remboursement (Base, Somme Forfaitaire Anticipée, et Intermédiaire). Bien que le mandataire judiciaire affirme que ces étapes sont “largement terminées” pour les créanciers ayant fourni toutes les informations, la présence de plus de 34 000 BTC encore dans les portefeuilles de Mt. Gox alimente la spéculation.
La plus grande crainte du marché est celle d’une vente massive et simultanée de la part des créanciers, qui reçoivent enfin des Bitcoins achetés pour quelques centaines de dollars il y a plus de dix ans.
L’analyse des précédentes distributions fournit un indice : sur les 92 000 BTC dont les mouvements ont pu être suivis, environ 64% ont été envoyés vers des plateformes d’échange comme Kraken ou Bitstamp, le reste allant vers des services de conservation comme BitGo. En appliquant ce ratio aux 34 689 BTC restants, le scénario du pire verrait environ 22 250 BTC (soit près de 2,4 milliards de dollars) arriver sur les marchés. Un tel afflux de liquidité pourrait, en théorie, exercer une forte pression à la baisse sur le prix.
La manière dont ces Bitcoins atteindront le marché déterminera l’impact final. Trois voies principales se dessinent.
Les créanciers reçoivent leurs BTC par lots tout au long du mois d’octobre. Les délais de traitement des exchanges (jusqu’à 90 jours) étalent naturellement les paiements.
Faible pression immédiate. Les ventes sont réparties sur plusieurs semaines, ce qui permet au marché de les absorber progressivement.
Les créanciers vendent leurs BTC directement à de gros acheteurs institutionnels via des bureaux de négociation privés, sans passer par les carnets d’ordres publics.
Impact invisible sur les exchanges. La liquidité est absorbée en privé, n’affectant pas directement les volumes de trading publics ou le prix au comptant.
Des lots importants de BTC sont envoyés simultanément sur Bitstamp ou Kraken à la suite de validations groupées, créant des pics d’afflux visibles.
Impact potentiellement élevé. C’est le scénario le plus redouté, car il rend la pression vendeuse visible et peut déclencher des mouvements de panique et affecter les stratégies d’arbitrage.
Malgré les craintes, plusieurs facteurs suggèrent que l’impact pourrait être limité.
Si la prudence reste de mise à l’approche de l’échéance, la panique semble largement exagérée. L’histoire récente des remboursements de Mt. Gox a montré que le marché est capable de gérer ces afflux de manière ordonnée. La combinaison de distributions échelonnées, de ventes OTC et de la volonté de certains créanciers de conserver leurs actifs devrait amortir le choc.
Finalement, la fin de la saga Mt. Gox pourrait même être une bonne nouvelle à long terme. Elle mettra un terme à une source d’incertitude et de FUD (Peur, Incertitude, Doute) qui plane sur le marché depuis une décennie, permettant enfin à l’écosystème de tourner l’une des pages les plus sombres de son histoire.
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
Le marché des cryptomonnaies fait face à une baisse généralisée, confirmant son entrée dans un bear market durable affectant Bitcoin et l'ensemble des altcoins.
ING Deutschland, la plus grande banque de détail allemande, permet désormais à ses clients d'investir dans des ETP sur Bitcoin, Ether et Solana via leur.