Bitcoin, un enjeu politique selon le professeur Rolland
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
Les nations accumulent des réserves de Bitcoin. Découvrez le classement mondial, les stratégies des USA et du Bhoutan, et pourquoi la France, malgré ses atouts, est en retard dans cette nouvelle course à l’or numérique.

Pourquoi cet article est crucial pour comprendre le monde de demain : Une nouvelle course à l'or a commencé, mais cette fois, il est numérique. Discrètement mais sûrement, les nations du monde entier accumulent des réserves stratégiques de Bitcoin, redessinant la carte de la souveraineté économique. Pendant que les États-Unis et la Chine mènent la danse, une question se pose : où se situe la France dans cette nouvelle partie d'échecs mondiale ? La réponse pourrait vous surprendre.
Loin des yeux du grand public, une transformation silencieuse du système financier international est en cours. Les gouvernements, des superpuissances aux petites nations, constituent activement des réserves stratégiques de Bitcoin, reconnaissant l'actif numérique comme un nouvel outil de souveraineté et de pouvoir économique. Cette tendance dessine les contours d'une nouvelle géopolitique où la détention de Bitcoin devient aussi stratégique que celle de l'or.
Aujourd'hui, les États-Unis dominent largement ce classement, avec une réserve de près de 200 000 BTC (environ 22,8 milliards de dollars), principalement issue de saisies judiciaires . La Chine suit de près avec 194 000 BTC, provenant en grande partie du démantèlement du schéma de Ponzi PlusToken . Le Royaume-Uni, l'Ukraine et même l'Allemagne complètent ce top 5, principalement grâce à des avoirs saisis .
Mais au-delà des saisies, des stratégies d'accumulation bien plus proactives émergent.
Face à cette effervescence mondiale, la position de la France est pour le moins attentiste.
La France ne détient officiellement aucune réserve de Bitcoin.
Cette absence est d'autant plus frappante que la France possède les 3èmes plus grandes réserves d'or au monde (156 milliards de dollars). Alors que les États-Unis voient en Bitcoin un complément à l'or, la France maintient une distinction stricte.
Malgré un cadre réglementaire en avance (loi PACTE, MiCA), la France ne détient officiellement aucune réserve de Bitcoin . La proposition de l'UPR d'allouer 5 à 10% des réserves d'or à Bitcoin (soit 140 000 à 280 000 BTC) est restée lettre morte .
Plus révélateur encore, la France continue de vendre systématiquement les cryptomonnaies saisies lors d'opérations judiciaires, comme les 28 millions d'euros de Bitcoin vendus aux enchères en 2021, là où les États-Unis ont désormais opté pour une rétention stratégique .
Cette course aux réserves n'est pas qu'une question d'investissement. Pour des pays comme la Corée du Nord ou l'Iran, Bitcoin est devenu un outil essentiel pour contourner les sanctions internationales, que ce soit par le piratage ou par un minage réglementé et centralisé .
La constitution de réserves de Bitcoin par les États n'est plus une théorie, mais une réalité qui redessine les équilibres de pouvoir. Les nations les plus visionnaires ne voient plus Bitcoin comme un simple actif spéculatif, mais comme une composante essentielle de leur souveraineté économique et de leur diversification stratégique pour le 21ème siècle.
Dans cette nouvelle ère, l'approche prudente et traditionnelle de la France, bien que rassurante à court terme, pourrait se transformer en un retard stratégique majeur. La question n'est plus de savoir si les États doivent s'intéresser à Bitcoin, mais comment et à quelle vitesse. Une question à laquelle la France devra rapidement apporter une réponse si elle ne veut pas rester sur le quai de cette révolution financière.
À propos de l'auteur :
Conte Mouctar
Fondateur et rédacteur en chef de LeJournalCrypto, Mouctar Conte
est un développeur et analyste passionné par les technologies blockchain. Il se consacre à rendre l'écosystème des crypto-monnaies plus accessible et transparent pour le public francophone.
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