Bitcoin, un enjeu politique selon le professeur Rolland
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
La Deutsche Bank prévoit que Bitcoin rejoindra l’or comme actif de réserve d’ici 2030 — une révolution institutionnelle validant son rôle stratégique dans les bilans souverains.

La Deutsche Bank a publié le 7 octobre 2025 un rapport révolutionnaire affirmant que Bitcoin pourrait rejoindre l’or comme actif de réserve officiel des banques centrales d’ici 2030, marquant un changement historique pour la première cryptomonnaie mondiale .
Les stratèges Marion Laboure et Camilla Siazon ont déclaré : “Une allocation stratégique de Bitcoin pourrait émerger comme une pierre angulaire moderne de la sécurité financière, faisant écho au rôle de l’or au 20e siècle” . Cette projection intervient alors que Bitcoin a franchi 125 000 dollars cette semaine, tandis que l’or approchait 4 000 dollars l’once.
Les analystes argumentent que la baisse de la volatilité du Bitcoin, l’augmentation de sa liquidité et son offre fixe de 21 millions en font désormais un ajout viable aux bilans des banques centrales . “Nous concluons qu’il y a de la place pour que l’or et le Bitcoin coexistent dans les bilans des banques centrales d’ici 2030”, ont-elles déclaré.
Ce revirement spectaculaire d’une institution bancaire traditionnelle majeure signale une transformation fondamentale dans la perception institutionnelle. Que la Deutsche Bank affirme que Bitcoin pourrait devenir un actif de réserve officiel représente une validation extraordinaire de la trajectoire de la cryptomonnaie.
L’un des arguments les plus convaincants de Deutsche Bank concerne la réduction spectaculaire de la volatilité. En août 2025, la volatilité sur 30 jours a atteint son plus bas niveau depuis plusieurs années, et ce malgré des prix dépassant 125 000 dollars .
“Le Bitcoin n’est adossé à rien”, ont reconnu les analystes. “Mais l’or non plus, au sens strict du terme. La différence, c’est que la volatilité du Bitcoin est désormais à des niveaux historiquement bas, ce qui le rend bien plus attractif pour les détenteurs à long terme” .
Cette stabilisation découle de plusieurs facteurs convergents. La capitalisation croissante de Bitcoin (supérieure à 2 300 milliards de dollars) rend l’actif moins susceptible aux manipulations. L’adoption institutionnelle massive via les ETFs Bitcoin spot américains (58 milliards de dollars de flux) introduit une base d’investisseurs stable absorbant les chocs de volatilité. La profondeur croissante des marchés dérivés permet une couverture plus efficace.
Deutsche Bank note que “Bitcoin is having a record-breaking year in 2025”, avec une hausse de plus de 60% depuis janvier, tout en maintenant une volatilité réduite [4]. Cette combinaison prix records + volatilité basse suggère un passage de la spéculation à la maturité institutionnelle.
Les deux actifs ont progressé spectaculairement en 2025 grâce à la demande accrue des banques centrales et entreprises recherchant des alternatives au dollar américain [5]. L’or a bondi de plus de 50% en 2025, soit sa hausse annuelle la plus rapide depuis 1979 lors de la crise pétrolière inflationniste.
Goldman Sachs a relevé son objectif de prix de l’or à 4 900 dollars, invoquant une demande persistante des banques centrales des marchés émergents. Cette demande institutionnelle reflète une diversification consciente hors du dollar américain, qui malgré sa domination (57% des réserves mondiales), montre des signes d’érosion .
Deutsche Bank estime que l’or et Bitcoin ne sont pas concurrents : ils peuvent coexister avec des rôles complémentaires . L’or, avec son historique de 5 000 ans, sa forte liquidité et sa stabilité, reste incontournable. Bitcoin apporte des caractéristiques uniques : offre limitée programmée, portabilité digitale, et impossibilité de confiscation physique.
En période d’inflation ou de tensions géopolitiques, cette combinaison représente un choix stratégique d’allocation. L’or offre la stabilité millénaire. Bitcoin offre la portabilité digitale et la résistance à l’inflation monétaire via son offre mathématiquement plafonnée.
Le rapport “Gold’s Reign, Bitcoin’s Rise” compare les deux actifs selon l’adoption, les caractéristiques et la performance macroéconomique [4]. Après avoir évalué volatilité, liquidité, valeur stratégique et confiance, Deutsche Bank conclut que “both assets will likely feature on central bank balance sheets by 2030” .
Des entreprises comme Strategy (anciennement MicroStrategy), dirigée par Michael Saylor, ont placé Bitcoin au cœur de leur stratégie de bilan, le transformant en actif de réserve numérique . Strategy détient désormais plus de 250 000 BTC, soit environ 1,2% de l’offre totale.
Cette accumulation massive valorise Bitcoin comme réserve de valeur supérieure au cash ou aux obligations à rendement réel négatif. Saylor a transformé Strategy d’une entreprise de software moribonde en véhicule d’investissement Bitcoin coté offrant un levier indirect sur la cryptomonnaie.
Selon Laboure et Siazon, cette tendance des “Bitcoin Treasuries” contribue à normaliser l’actif aux yeux des acteurs institutionnels . Quand des entreprises publiques avec obligations fiduciaires, soumises à des audits stricts et surveillance réglementaire, choisissent Bitcoin comme réserve stratégique, cela valide implicitement la thèse pour institutions plus conservatrices.
Au-delà de Strategy, des dizaines d’entreprises publiques ont suivi : Tesla, Block, Galaxy Digital, Riot Platforms, Marathon Digital, et Metaplanet au Japon. Collectivement, elles détiennent des centaines de milliards en Bitcoin, créant une demande structurelle retirant de la supply circulante.
Le rapport intervient alors que le dollar américain a perdu plus de 10% en 2025, la dépréciation la plus importante depuis 1973 . Cette érosion de confiance dans le dollar comme réserve de valeur pousse les banques centrales à diversifier.
Les avoirs chinois en bons du Trésor américain ont chuté de 57 milliards de dollars en 2024, signalant une diversification consciente. Cette tendance s’accélère avec la politique tarifaire agressive Trump créant des tensions commerciales et géopolitiques .
“As the dollar weakens, central banks face a defining question: can Bitcoin serve as a credible reserve asset alongside – or even in place of – gold?” écrivent les analystes Deutsche Bank . Cette question n’est plus rhétorique mais urgente pour les gestionnaires de réserves mondiales.
Les banques centrales, particulièrement dans les marchés émergents, ont régulièrement augmenté leurs allocations d’or pour se protéger du risque politique et de l’affaiblissement du dollar. Selon Deutsche Bank, cette logique de diversification pourrait s’appliquer à Bitcoin à mesure que son marché mûrit .
L’initiative Trump de réserve stratégique américaine en Bitcoin au mois de mars 2025 a légitimé l’intégration de BTC dans les bilans souverains. Si les États-Unis détiennent officiellement Bitcoin, d’autres nations subiront une pression compétitive pour faire de même.
Ce changement intervient dans un contexte paradoxal : le S&P 500 continue d’atteindre des sommets historiques (+14,6% depuis début 2025), tandis que les investisseurs investissent massivement dans des actifs refuges comme l’or et Bitcoin.
Cette coexistence de marchés actions en euphorie et de ruée vers les refuges suggère une fragmentation de confiance. Les indices montent portés par les mega-caps tech (IA), mais les inquiétudes macroéconomiques (déficits, inflation, tensions géopolitiques) poussent vers les couvertures.
Bitcoin bénéficie des deux dynamiques : il attire les capitaux spéculatifs cherchant des gains durant l’euphorie, tout en attirant les capitaux défensifs cherchant une protection contre l’instabilité monétaire. Cette dualité — actif de croissance ET de protection — est unique et explique la performance exceptionnelle de 2025.
Malgré la baisse significative de volatilité, Deutsche Bank reconnaît que celle-ci reste une préoccupation pour les banques centrales habituées à la stabilité des obligations d’État . Bitcoin peut encore subir des corrections de 20-30% en quelques semaines lors de stress de marché.
Des incertitudes juridiques persistent concernant le statut légal précis de Bitcoin dans de nombreuses juridictions. Comment une banque centrale devrait-elle valoriser ses réserves Bitcoin dans ses états financiers? Les normes comptables internationales évoluent encore, créant une incertitude opérationnelle.
La préservation de l’autorité monétaire nationale demeure une priorité absolue. Les banques centrales craignent qu’une adoption massive de Bitcoin puisse éroder leur contrôle sur la politique monétaire. Cette “bitcoinisation” représente un risque existentiel, qui pourrait limiter l’exposition même si Bitcoin s’avère un bon investissement.
Cependant, Deutsche Bank note que ces obstacles diminuent progressivement. La volatilité baisse structurellement avec la capitalisation croissante. Les cadres réglementaires mûrissent. La confiance institutionnelle grandit. D’ici 2030, ces obstacles pourraient être suffisamment réduits pour permettre des allocations modestes de 1-2% des réserves.
Pour les investisseurs français, la reconnaissance Deutsche Bank du potentiel de Bitcoin comme actif de réserve valide une allocation modeste mais significative dans les portefeuilles diversifiés. Si les banques centrales envisagent sérieusement Bitcoin, cela légitime l’exposition pour les investisseurs privés avec tolérance au risque appropriée.
Allocation recommandée : 5-10% pour un investisseur growth-oriented, ou 2-5% pour un profil conservateur, sur un horizon 5-10 ans plutôt qu’un trade spéculatif court terme.
La combinaison or-Bitcoin pourrait offrir une protection optimale contre différents scénarios. L’or protège contre l’effondrement du système financier avec reconnaissance universelle millénaire. Bitcoin protège contre la dévaluation monétaire digitale avec portabilité supérieure.
Un portefeuille équilibré pourrait allouer 15% en or (physique et ETF), 10% en Bitcoin/Ethereum, 40% en actifs euros, 25% en actions internationales, et 10% en liquidités. Cette structure offre une exposition équilibrée à la thèse de dévaluation monétaire tout en maintenant une diversification prudente.
Fiscalité : Les investisseurs français doivent intégrer la flat tax à 30% sur les plus-values Bitcoin. Pour optimiser, envisager des prises de profit échelonnées sur plusieurs années fiscales, ou utiliser l’enveloppe PEA pour des ETFs Bitcoin lorsque disponibles.
L’accès via ETFs Bitcoin spot (VanEck, BlackRock, Fidelity) offre simplicité et sécurité réglementaire supérieures à la détention directe pour de nombreux investisseurs, éliminant les risques de gestion de clés privées.
Le rapport Deutsche Bank marque un moment charnière. Qu’une institution aussi établie affirme que Bitcoin pourrait devenir un actif de réserve officiel d’ici 2030 représente une validation extraordinaire.
Cette reconnaissance ne garantit pas la réalisation du scénario. Volatilité résiduelle, incertitudes réglementaires et résistance politique pourraient ralentir l’adoption. Cependant, la direction semble claire : Bitcoin transite graduellement d’actif spéculatif vers composant légitime du système financier mondial.
Pour les investisseurs français, la question n’est peut-être plus “si” mais “quand” et “dans quelle mesure” Bitcoin deviendra un actif de réserve mainstream. Ceux positionnés correctement avec allocations calibrées pourraient bénéficier substantiellement de la réévaluation continue de Bitcoin comme “pilier de la sécurité financière” du 21e siècle.
La coexistence prévue entre or et Bitcoin offre une vision pragmatique. Le système monétaire de demain combinera probablement les vertus de l’or millénaire avec les innovations de Bitcoin, créant un écosystème plus robuste que le système centré sur le dollar des 50 dernières années.
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