Bitcoin, un enjeu politique selon le professeur Rolland
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
Eric Ciotti se prononce en faveur du Bitcoin et s’oppose au rachat d’Exaion par Mara Holdings. Analyse de cette prise de position politique majeure pour la souveraineté crypto française.

Dans une tribune retentissante publiée le 27 septembre 2025 dans le Journal du Dimanche, Eric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR), prend position en faveur du Bitcoin et s’oppose fermement au rachat d’Exaion, la pépite technologique d’EDF, par le géant américain du mining Mara Holdings . Cette prise de position marque un tournant dans le débat politique français sur les cryptomonnaies et la souveraineté numérique.
Fondée en 2020 au sein d’EDF Pulse Ventures, Exaion incarne une innovation française au croisement de l’énergie et du numérique . Cette société de 70 ingénieurs est spécialisée dans le calcul haute performance (HPC), le cloud souverain et l’intelligence artificielle .
Le modèle économique d’Exaion repose sur un concept ingénieux : recycler les supercalculateurs qu’EDF renouvelle tous les trois ans pour gérer ses centrales nucléaires, et utiliser l’électricité excédentaire pour fournir de la puissance de calcul nécessaire au minage de Bitcoin ou à l’IA . En 2024, la startup a obtenu l’agrément PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) de l’AMF, lui permettant de proposer des services crypto .
En août 2025, EDF a annoncé la cession de 64% d’Exaion à Mara Holdings pour 168 millions de dollars, avec la possibilité pour le géant américain d’atteindre 75% d’ici 2027 moyennant 127 millions supplémentaires . Cette transaction, qui doit recevoir le feu vert du Trésor français d’ici début novembre, soulève d’importantes questions de souveraineté .
Mara Holdings, coté au Nasdaq et dirigé par Fred Thiel, revendique plus de 11 EH/s de puissance de calcul et ambitionne d’investir 5 milliards d’euros en France et en Europe au cours des cinq prochaines années .
Dans sa tribune, Eric Ciotti martèle : “Exaion ne doit pas devenir américain”. Le président de l’UDR dénonce les risques stratégiques d’une telle cession : “Laisser partir Exaion, c’est transférer à l’étranger le contrôle d’infrastructures capables d’influer sur notre équilibre énergétique et d’héberger des calculs stratégiques”.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte plus large de souveraineté technologique et énergétique. Ciotti y voit un enjeu majeur pour l’avenir de la France dans la “recomposition monétaire qui s’annonce” .
L’argumentaire de Ciotti se distingue par sa reconnaissance de la valeur intrinsèque du Bitcoin et du mining. Il affirme : “Le calcul haute performance et le minage de Bitcoin ne sont pas de simples curiosités technologiques : ce sont des activités utiles, créatrices de valeur et d’innovation” .
Cette déclaration marque une évolution significative du discours politique français sur les cryptomonnaies, traditionnellement marqué par la méfiance et la réglementation restrictive .
Ciotti développe une vision économique pragmatique du minage : “Valoriser nos excédents électriques par le calcul et le minage, c’est transformer une ressource abondante – l’énergie – en une ressource rare et liquide : de la puissance de calcul, du Bitcoin” .
Cette approche répond à un problème concret : avec 70% de l’électricité française provenant du nucléaire et l’essor d’énergies intermittentes (solaire, éolien), la France génère régulièrement des surplus d’électricité contraignant les producteurs à vendre à perte .
La prise de position de Ciotti s’inscrit dans un mouvement politique plus large. En juillet 2025, 4 députés de l’UDR et 72 députés du Rassemblement National ont déposé une proposition de loi autorisant “à titre expérimental” pour 5 ans l’utilisation des surplus électriques pour miner du Bitcoin .
L’UDR devient ainsi le troisième parti politique français (après le RN et Reconquête) à se positionner favorablement sur les cryptomonnaies, marquant une évolution idéologique significative de la droite française .
Au-delà du cas Exaion, cette affaire cristallise les tensions entre attractivité économique et souveraineté technologique . Le gouvernement français, actionnaire majoritaire d’EDF, se trouve face à un dilemme : autoriser cette transaction pour attirer des investissements étrangers, ou la bloquer pour préserver le contrôle national sur des infrastructures stratégiques.
Plusieurs parlementaires partagent les inquiétudes de Ciotti concernant “la perte de contrôle d’une technologie jugée stratégique” . Le Trésor français dispose d’un pouvoir de blocage jusqu’à début novembre 2025 .
Mara Holdings présente cette acquisition comme une “réunion de deux leaders mondiaux dans le développement de centres de données et d’énergie numérique” . Fred Thiel, PDG de Mara, justifie l’opération par la demande croissante de “solutions cloud sécurisées et évolutives, conçues pour l’avenir de l’IA” .
Le groupe vise clairement un ancrage renforcé en Europe, voyant dans Exaion sa “tête de pont européenne” . Mara met en avant le choix de la France comme base grâce à son “système énergétique électrique parmi les plus sophistiqués et efficaces” .
Malgré le discours officiel axé sur le cloud et l’IA, Ciotti rappelle que “le modèle économique du géant américain repose d’abord et avant tout sur le minage de Bitcoin” . Cette réalité sous-tend les craintes françaises de voir une infrastructure stratégique majoritairement dédiée aux intérêts américains.
La tribune de Ciotti représente une reconnaissance politique majeure de la légitimité du Bitcoin et du mining en France . En qualifiant ces activités d’“utiles, créatrices de valeur et d’innovation”, il légitime un secteur longtemps marginalisé dans le débat public français.
Cette évolution pourrait catalyser une approche plus favorable des autorités françaises envers l’industrie crypto nationale, facilitant potentiellement le développement d’acteurs locaux .
L’affaire Exaion illustre parfaitement le paradoxe de la souveraineté crypto : comment développer une industrie nationale performante sans capitaux suffisants ni écosystème mature, tout en résistant à l’appétit des géants américains disposant de moyens colossaux ?
La France possède des atouts uniques (énergie nucléaire bas carbone, expertise technique, cadre réglementaire structurant avec MiCA) mais peine à transformer ces avantages en leadership industriel crypto .
Le Trésor français doit se prononcer d’ici début novembre 2025 sur l’autorisation de cette transaction . Cette décision sera scrutée par l’ensemble de l’industrie crypto européenne comme un indicateur de la politique française en matière de souveraineté numérique.
Un refus constituerait un signal fort en faveur de la protection des champions technologiques nationaux, mais pourrait décourager les investissements étrangers. Une autorisation entérinerait la domination américaine sur l’infrastructure crypto européenne.
L’issue de l’affaire Exaion pourrait influencer les débats parlementaires sur la proposition de loi autorisant le mining de Bitcoin avec les surplus électriques . Un blocage de la vente renforcerait l’argumentaire en faveur d’un développement national du secteur, tandis qu’une autorisation validerait de facto l’implication d’acteurs étrangers.
La prise de position d’Eric Ciotti en faveur du Bitcoin et contre le rachat d’Exaion marque un tournant politique majeur dans le débat français sur les cryptomonnaies . En qualifiant le mining de “secteur d’avenir” créateur de valeur, il légitime une industrie longtemps stigmatisée.
Cette affaire cristallise les tensions entre attractivité économique et souveraineté technologique, forçant le gouvernement français à clarifier sa vision stratégique pour l’industrie crypto nationale . La décision du Trésor français d’ici novembre 2025 déterminera si la France peut devenir un acteur crypto européen de premier plan ou si elle laissera cette opportunité aux géants américains.
Pour l’écosystème crypto français, l’enjeu dépasse le seul cas Exaion : il s’agit de définir les contours d’une souveraineté crypto européenne capable de rivaliser avec les puissances américaines et asiatiques . La mobilisation politique émergente autour du Bitcoin, portée par l’UDR, le RN et Reconquête, pourrait catalyser cette évolution si elle se traduit par des politiques industrielles volontaristes.
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