
Digital Asset Treasuries : les leaders face aux pertes
Les Digital Asset Treasuries peinent à justifier leurs promesses face à la volatilité du marché crypto.
Malgré des pertes latentes importantes et un marché en baisse, les entreprises Strategy et BitMine continuent d'accumuler des cryptomonnaies.
Alors que le marché des cryptomonnaies traverse une phase de correction sévère, avec des actifs majeurs perdant plus de 50 % de leur valeur depuis leurs sommets, une tendance surprenante émerge chez certains acteurs institutionnels. Les entreprises Strategy et BitMine, reconnues comme les leaders des trésoreries d'actifs numériques, ou Digital Asset Treasuries (DAT), ont récemment intensifié leurs achats.
Cette stratégie d'accumulation, qui s'apparente à un "Dollar-Cost Averaging" (DCA) à grande échelle, consiste à acheter des actifs à intervalles réguliers, indépendamment des fluctuations de prix. Dans un marché baissier, cette méthode permet de lisser le prix d'entrée moyen à la baisse. Cependant, elle intervient alors que ces sociétés affichent déjà des pertes non réalisées substantielles sur leurs positions antérieures, une situation qui soulève des interrogations dans l'écosystème.
L'information, mise en lumière par nos confrères de Cryptoast, montre que ces achats se poursuivent de manière méthodique. Plutôt que de céder à la panique et de liquider leurs actifs pour limiter les pertes, ces entreprises doublent leur mise, pariant sur un rebond futur du marché et la pertinence à long terme de leur trésorerie en actifs numériques.
Pour comprendre cette démarche, il faut analyser le profil des acteurs. Strategy et BitMine ne sont pas des investisseurs classiques. Elles ont été pionnières dans l'adoption du Bitcoin et d'autres cryptomonnaies comme actifs de réserve principaux, remplaçant une partie de leur trésorerie en dollars par des actifs numériques. Leur thèse repose sur une conviction forte : les cryptomonnaies, et en particulier le Bitcoin, représentent une protection supérieure contre la dévaluation des monnaies fiduciaires et l'inflation.
En continuant d'acheter durant cette période de forte volatilité, ces entreprises envoient un message clair : leur stratégie n'est pas un pari spéculatif à court terme, mais une vision structurelle à long terme. Elles considèrent la baisse actuelle non pas comme la fin d'un cycle, mais comme une opportunité d'acquérir des actifs de valeur à un prix décoté. Pour elles, vendre aujourd'hui serait une erreur stratégique, invalidant leur thèse fondamentale.
Cette approche audacieuse n'est cependant pas sans risque. Elle expose les bilans de Strategy et BitMine à une volatilité extrême. Chaque nouvelle baisse du marché creuse davantage leurs pertes latentes, ce qui peut inquiéter les actionnaires plus traditionnels et exercer une pression significative sur le cours de leurs propres actions en bourse.
La conséquence la plus directe de cette politique d'achat est l'augmentation des pertes latentes, qui se chiffrent désormais en plusieurs centaines de millions de dollars pour ces entreprises. Il est crucial de comprendre qu'une perte latente n'est pas une perte réalisée : l'argent n'est "perdu" que si les actifs sont vendus à un prix inférieur à leur prix d'achat. Tant que Strategy et BitMine conservent leurs cryptomonnaies, l'espoir d'un retour en territoire positif demeure.
Néanmoins, cette situation met en lumière les défis inhérents à la stratégie des Digital Asset Treasuries (DAT). Si le marché ne se redresse pas à moyen terme, ou s'il continue de chuter, la pression financière pourrait devenir intenable. Les questions qui se posent sont multiples et déterminantes pour l'avenir de cette pratique :
La démarche de Strategy et BitMine constitue un cas d'étude en temps réel. Leur succès ou leur échec influencera durablement la perception des cryptomonnaies comme actif de réserve pour les entreprises du monde entier.

Les Digital Asset Treasuries peinent à justifier leurs promesses face à la volatilité du marché crypto.

BitMine, leader des Ethereum Treasuries, enregistre des pertes latentes estimées à 7 milliards de dollars, relançant le débat sur la viabilité.