Marc Fiorentino, économiste reconnu, tire la sonnette d'alarme sur le système de retraite français par répartition.

Marc Fiorentino formule un diagnostic sans détour : le système de retraite français par répartition est condamné. L'économiste et auteur, figure respectée du débat économique français, ne mâche pas ses mots face à une réalité démographique et financière incontournable.
Le modèle actuel, fondé sur la solidarité intergénérationnelle depuis 1945, repose sur un principe simple : les actifs financent les retraités. Mais cette mécanique se grippe inexorablement. Le ratio démographique se détériore chaque année. En 1970, on comptait 4 actifs pour 1 retraité. Aujourd'hui, ce ratio approche 1,5 actif pour 1 retraité. Les projections pour 2050 sont encore plus sombres.
Cette dégradation structurelle rend mathématiquement impossible le maintien du système dans sa forme actuelle. Les cotisations sociales devraient exploser ou les pensions s'effondrer. Fiorentino affirme que les moins de 50 ans ne connaîtront pas la retraite telle qu'elle existe aujourd'hui. Pour cette génération, le changement n'est pas une hypothèse lointaine, c'est une certitude à court terme.
L'alerte lancée par Fiorentino résonne d'autant plus qu'elle provient d'un économiste ayant étudié les systèmes de retraite comparés. Ses analyses s'appuient sur des données actuarielles et des tendances démographiques documentées par les instituts statistiques européens.
Le problème dépasse les simples chiffres. C'est une question d'équité générationnelle. Les générations actuelles de retraités bénéficient d'un système généreux construit à une époque où la démographie jouait en leur faveur. Mais cette générosité a un prix : elle reporte la facture sur ceux qui arrivent sur le marché du travail.
Les gouvernements successifs ont tenté des réformes paramétriques : augmentation de l'âge légal, allongement de la durée de cotisation, ajustement des pensions. Mais ces mesures, bien que nécessaires, ne règlent que partiellement le problème structurel. Aucune réforme cosmétique ne peut sauver un système dont les fondations se lézardent.
Les jeunes actifs et les moins de 50 ans constituent la population la plus vulnérable face à cette transformation. Ils ont cotisé ou cotisent pour un système qui ne leur garantit rien. C'est pourquoi Fiorentino insiste sur la nécessité de prendre en main son avenir retraite plutôt que de compter sur un système défaillant.
Face à ce constat, Fiorentino tire une conclusion pratique et urgente : l'investissement complémentaire est devenu indispensable pour tous ceux qui souhaitent maintenir un niveau de vie décent à la retraite.
Cette recommandation ne relève pas de l'optimisme financier, mais d'une simple arithmétique. Si le système public s'effondre ou se réduit drastiquement, seul un patrimoine personnel accumulé permettra de combler le manque. Les options d'épargne-retraite (contrats d'assurance-vie, plans d'épargne retraite, investissements immobiliers ou boursiers) deviennent des outils de survie financière plutôt que des placements optionnels.
Les moins de 50 ans disposent encore d'une fenêtre de temps pour constituer ce complément. Ceux qui attendent que le système s'effondre avant d'agir découvriront trop tard qu'il est difficile de rattraper des décennies d'épargne manquée.
La transformation radicale du système de retraite français n'est plus une menace lointaine. C'est un processus en cours qui s'accélère. Les réformes à venir impliqueront probablement un recul de l'âge de départ, une baisse des taux de remplacement ou un passage partiel à la capitalisation.
Fiorentino appelle à une prise de conscience collective : chacun doit devenir responsable de sa propre retraite. L'État ne peut plus être le garant unique d'un niveau de vie décent après 60 ou 65 ans. Cette réalité inconfortable est le message central de l'économiste, un message que les moins de 50 ans ignorent à leurs dépens.