Dépréciation historique du dollar en 2025 : stratégies concrètes pour les investisseurs crypto français (or, Bitcoin, couvertures de change, actions, immobilier, allocations).

Le dollar américain connaît en 2025 sa pire année depuis l’abandon des accords de Bretton Woods en 1973, avec une dépréciation historique de 10,8% au premier semestre et des projections atteignant jusqu’à 20% de perte totale d’ici fin 2025 .
L’indice du dollar (DXY), qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de six devises mondiales majeures, a enregistré la plus forte baisse semestrielle depuis l’instauration du système de changes flottants il y a plus de cinquante ans . Cette dépréciation massive place 2025 au même niveau que les années 1973 (dévaluation volontaire post-Bretton Woods) et 1985-1986 (accords du Plaza), deux moments charnières de restructuration du système monétaire international.
Le 2 avril 2025, surnommé “Liberation Day” par l’administration Trump, le DXY a perdu près de 3% en seulement 24 heures suite à l’annonce de nouveaux droits de douane agressifs . Contrairement aux épisodes tarifaires de 2018 qui avaient provoqué une appréciation du dollar, cette fois-ci le billet vert s’est effondré, déjouant même les prévisions des conseillers économiques de Trump.
En janvier 2025, le taux de change effectif réel du dollar atteignait son plus haut niveau depuis 1985 . Depuis, la correction brutale ramène la devise américaine vers une valorisation plus soutenable, mais à un rythme qui alarme les marchés financiers internationaux. La position vendeuse sur le dollar est devenue en juillet 2025 la plus consensuelle chez les investisseurs institutionnels, devant même les “7 Magnifiques” et l’or selon le Global Fund Manager Survey de Bank of America.
Pour visualiser concrètement cette dépréciation, considérons un investisseur français détenant 10 000 dollars en début d’année 2025. La valeur de cette somme aurait subi une érosion dramatique sur plusieurs dimensions simultanées.
Perte de valeur nominale face aux devises : Avec une dépréciation de 10,8%, les 10 000 dollars initiaux valent désormais approximativement 9 000 dollars en équivalent devises étrangères. Cette perte de 1 000 dollars représente un transfert de richesse massif vers les détenteurs d’autres monnaies, particulièrement l’euro, le franc suisse et la livre sterling.
Pouvoir d’achat encore plus réduit : Au-delà de la dépréciation nominale, l’inflation américaine reste élevée à 3,5% malgré un reflux depuis les pics de 2022 . Cette inflation combinée à la dévaluation crée un effet cumulatif dévastateur sur le pouvoir d’achat réel. Un bien qui coûtait 10 000 dollars en janvier 2025 nécessiterait maintenant plus de 11 000 dollars pour être acquis avec la même quantité de monnaie dépréciée.
Impact sur les actifs américains : Les investisseurs français détenant des actions, obligations ou cryptomonnaies libellées en dollars voient la valeur de leurs portefeuilles amputée mécaniquement de 10% à 14% lorsqu’elle est reconvertie en euros, même si le prix en dollars de leurs actifs reste stable.
Contrairement au dollar, l’euro a démontré une remarquable résilience et vigueur en 2025, s’appréciant de 12% à 14% contre le billet vert depuis le début de l’année . Le taux de change EUR/USD évoluait autour de 1,02 en janvier 2025 et oscille désormais entre 1,16 et 1,18, soit une progression de près de 15% en moins d’un an .
Cette performance exceptionnelle de l’euro se traduit par des records significatifs : la part de l’euro dans les réserves de change mondiales a atteint 20,1%, son plus haut niveau depuis fin 2022, témoignant d’une confiance renouvelée des banques centrales internationales dans la monnaie unique . L’euro affiche désormais sa hausse de plus de 10% par rapport au dollar depuis janvier, la livre sterling environ +8%, tandis que le yen japonais et le franc suisse ont gagné plus de 9% contre le dollar .
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette robustesse de l’euro face à l’effondrement du dollar. La Banque Centrale Européenne (BCE) a maintenu une politique monétaire équilibrée avec des baisses de taux limitées et mesurées, contrastant avec l’assouplissement agressif de la Réserve fédérale américaine .
La croissance économique de la zone euro a surpris positivement, affichant 0,6% au premier trimestre 2025, dépassant les attentes des économistes qui anticipaient une stagnation . Cette performance inattendue renforce la crédibilité de la politique économique européenne et justifie une réévaluation à la hausse de la monnaie unique.
L’euro bénéficie également d’un statut de refuge relatif, profitant des sorties massives de capitaux fuyant le dollar américain. Les investisseurs internationaux cherchent des alternatives crédibles au billet vert, et l’euro, malgré ses propres défis structurels, apparaît comme le principal bénéficiaire de cette redistribution des flux financiers mondiaux.
L’excédent courant substantiel de la zone euro constitue un soutien fondamental supplémentaire, contrairement aux déficits jumeaux américains (budgétaire et commercial) qui pèsent structurellement sur le dollar . Cette asymétrie fondamentale dans les équilibres externes explique en partie pourquoi le différentiel de performance entre les deux monnaies pourrait persister durablement.
L’administration Trump a déclenché en 2025 la politique tarifaire la plus agressive depuis près d’un siècle, culminant avec le “Liberation Day” du 2 avril 2025 qui a imposé des tarifs universels de 10% sur la plupart des partenaires commerciaux et des surtaxes massives sur la Chine . Cette escalade protectionniste a créé une crise de confiance mondiale dans le dollar.
Paradoxalement, alors que Trump espérait renforcer le dollar via ces tarifs (comme en 2018), l’effet inverse s’est produit. La raison : en 2018, la croissance américaine s’accélérait vers 4% avec une inflation maîtrisée, permettant à la Fed de monter ses taux. En 2025, la croissance ralentit à 2,7% tandis que l’inflation reste élevée à 3,5%, créant un contexte stagflationniste défavorable .
Les représailles internationales ont amplifié le choc. La Chine, l’Union européenne, le Canada et le Mexique ont tous imposé des contre-tarifs, fragmentant les chaînes d’approvisionnement mondiales et réduisant drastiquement la demande de dollars pour le commerce international . Cette désintégration partielle du commerce mondial libellé en dollars affaiblit structurellement la monnaie américaine.
L’imprévisibilité de l’administration Trump et les menaces récurrentes fragilisent également le statut de monnaie dominante du dollar. Les investisseurs internationaux craignent que les États-Unis utilisent le dollar comme arme géopolitique, incitant les pays à diversifier leurs réserves de change et à développer des alternatives .
La Réserve fédérale a entamé un cycle d’assouplissement monétaire agressif en 2025, avec 100 points de base de baisse des taux directeurs depuis le début du cycle de réduction [. Le taux directeur devrait atteindre 3,75% d’ici fin 2025, avec des perspectives de 2-3 réductions supplémentaires anticipées par les marchés.
Cette politique contraste fortement avec l’approche plus prudente de la BCE, créant un différentiel de taux défavorable au dollar. La Fed se trouve désormais être la banque centrale des pays développés avec les taux directeurs parmi les plus élevés, mais la trajectoire descendante est claire et rapide .
Donald Trump ne fait pas mystère de sa volonté de voir la Fed baisser drastiquement ses taux. La fin du mandat de Jerome Powell en mai 2026 sera l’occasion pour lui d’essayer d’influer davantage sur la politique monétaire, ce qui pèse déjà par anticipation sur le dollar . Cette incertitude quant à l’indépendance future de la Fed alarme les investisseurs internationaux habitués à la crédibilité institutionnelle de la banque centrale américaine.
Les indicateurs économiques américains se sont nettement dégradés en 2025. Le marché du travail montre des signes préoccupants avec seulement 22 000 emplois créés en août 2025, un chiffre dramatiquement faible comparé aux moyennes historiques . Le taux de chômage a grimpé à 4,3%, dépassant les seuils psychologiques et déclenchant des craintes de récession.
JPMorgan estime désormais à 40% la probabilité d’une récession américaine, un niveau suffisamment élevé pour influencer les décisions d’allocation d’actifs des investisseurs institutionnels . Le PIB 2026 n’est attendu qu’à 1,4% de croissance, avec une reprise graduelle au-dessus de 2% seulement à partir de 2027 /
Cette perspective de croissance molle combinée à une inflation persistante crée le pire environnement possible pour une monnaie : la stagflation. Les investisseurs fuient cette combinaison toxique, préférant des juridictions offrant soit une croissance plus robuste, soit une inflation mieux maîtrisée.
L’endettement public américain a atteint des niveaux critiques, avec un ratio dette/PIB approchant 130% . Les déficits budgétaires massifs nécessitent des émissions continues de bons du Trésor que les investisseurs internationaux sont de moins en moins disposés à absorber aux taux actuels.
Simultanément, le déficit commercial américain persiste malgré les tarifs punitifs, créant une pression structurelle permanente sur le dollar. Cette combinaison de déficits jumeaux (budgétaire et commercial) alimente une spirale négative : plus le dollar baisse, plus les importations coûtent cher, aggravant l’inflation, forçant la Fed à maintenir des taux plus élevés plus longtemps, ce qui ralentit l’économie et dégrade les finances publiques.
La “désintégration du dollar” ou “de-dollarization” s’accélère, avec une diminution progressive mais continue de la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales mondiales [3]. Cette tendance, même marginale à court terme, signale un changement structurel majeur si elle se poursuit.
Historiquement, le dollar bénéficiait d’un statut de valeur refuge : en période d’incertitude mondiale, les investisseurs achetaient du dollar. Ce mécanisme protecteur s’est brisé en 2025. Le dollar ne joue plus son rôle traditionnel de safe haven, car l’incertitude provient désormais des États-Unis eux-mêmes .
L’“Amerexit” incarné par Donald Trump — version américaine du “take back control” britannique du Brexit — réduit l’attrait des actifs américains . Les investisseurs internationaux désertent les obligations du Trésor américain, compliquant le financement des déficits jumeaux. Cette désaffection croissante pour les actifs libellés en dollars crée un cercle vicieux de dépréciation auto-réalisateur.
L’or a atteint des sommets historiques en 2025, dépassant 2 700 dollars l’once en octobre, bénéficiant directement de la perte de confiance dans le dollar. Le métal jaune a gagné plus de 200% entre 2019 et 2025 dans certains marchés comme l’Inde, démontrant son efficacité comme protection contre la dévaluation monétaire .
Les banques centrales mondiales ont massivement augmenté leurs achats d’or, diversifiant leurs réserves loin du dollar. Cette demande institutionnelle soutient structurellement le prix et valide le rôle de l’or comme alternative crédible au dollar dans le système monétaire international.
Bitcoin a simultanément atteint de nouveaux records historiques au-dessus de 125 000 dollars en octobre 2025, s’imposant progressivement comme un “debasement trade” privilégié — un investissement dans des actifs qui réduisent le risque d’exposition aux monnaies fiat dévaluées .
La narrative de Bitcoin comme protection contre la dévaluation monétaire se renforce empiriquement. Alors que le dollar perd 10% de sa valeur, Bitcoin gagne plus de 60% en 2025, créant un différentiel de performance de 70 points qui attire l’attention des allocateurs institutionnels traditionnellement conservateurs.
Les ETFs Bitcoin spot aux États-Unis ont attiré plus de 58 milliards de dollars depuis leur lancement en janvier 2024, témoignant de l’acceptation croissante de Bitcoin comme classe d’actifs légitime dans les portefeuilles institutionnels [11]. Cette institutionnalisation accélérée transforme Bitcoin d’actif spéculatif en outil de couverture macroéconomique.
Standard Chartered maintient sa prévision de Bitcoin à 200 000 dollars d’ici fin 2025, citant précisément la dévaluation du dollar et l’incertitude politique américaine comme catalyseurs haussiers . Cette convergence entre la faiblesse du dollar et la force de Bitcoin illustre le repositionnement en cours du système monétaire mondial.
L’or reste la protection anti-dévaluation la plus éprouvée historiquement. Les investisseurs français peuvent accéder à cette classe d’actifs via plusieurs vecteurs : ETF or (comme Amundi Physical Gold ou Lyxor Gold Bullion), pièces physiques (Napoléon, Krugerrand), ou obligations or souveraines .
Les ETF or offrent l’avantage de la liquidité et de l’absence de problèmes de stockage, avec des frais de gestion typiquement inférieurs à 0,4% annuels. Pour les investisseurs souhaitant une exposition physique directe, les pièces d’or reconnues internationalement garantissent la portabilité et l’acceptation universelle.
L’or présente également un avantage fiscal en France : les plus-values sur les métaux précieux bénéficient d’un régime d’imposition forfaitaire après 22 ans de détention, ou d’une option de taxation à 36,2% (incluant prélèvements sociaux) avec abattement progressif dès la troisième année de détention.
Bitcoin s’impose comme une alternative moderne à l’or, offrant plusieurs avantages : portabilité parfaite (accessible partout avec une connexion internet), divisibilité infinie, et vérifiabilité cryptographique instantanée. La corrélation négative croissante entre Bitcoin et le dollar en fait un hedge efficace.
Les ETFs Bitcoin spot récemment approuvés aux États-Unis (BlackRock IBIT, Fidelity FBTC, Grayscale GBTC converti) offrent aux investisseurs français une exposition réglementée via leurs comptes-titres traditionnels, sans nécessiter de gérer directement des clés privées .
Ethereum, deuxième cryptomonnaie par capitalisation, présente également un intérêt avec l’activation récente du staking sur les ETFs Ethereum de Grayscale, permettant de générer des rendements de 2-3% en plus de l’exposition au prix . Cette combinaison d’appréciation potentielle et de revenus passifs renforce l’attractivité d’ETH face aux obligations gouvernementales à rendements réels négatifs.
L’immobilier offre une protection naturelle contre l’inflation et la dévaluation monétaire grâce à l’ajustement automatique des loyers et la nature tangible de l’actif. Les REITs (Real Estate Investment Trusts) américains ont historiquement généré des rendements de 137,4% durant la période d’inflation élevée 1976-1981 .
Pour les investisseurs français, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) constituent l’équivalent local des REITs, offrant une exposition diversifiée à l’immobilier commercial et résidentiel sans les contraintes de gestion directe. Les SCPI européennes, en particulier, bénéficient de la force de l’euro et de fondamentaux immobiliers généralement plus sains qu’aux États-Unis.
Les SCPI internationales permettent également une diversification géographique tout en restant accessibles via l’assurance-vie française, bénéficiant ainsi de l’enveloppe fiscale favorable de ce placement. Cette structure permet de combiner protection contre la dévaluation monétaire, revenus réguliers, et optimisation fiscale.
Les Treasury Inflation-Protected Securities (TIPS) américains offrent une protection explicite contre l’inflation américaine, avec un principal ajusté selon l’indice des prix à la consommation . Disponibles avec des échéances de 5, 10 et 30 ans, ils garantissent un rendement réel positif indépendamment de l’inflation.
Cependant, les TIPS présentent un risque de change significatif pour les investisseurs français : une dépréciation supplémentaire du dollar annulerait partiellement les gains liés à l’indexation inflation. Les obligations indexées françaises (OATi) ou européennes (EIBi émises par la Banque Européenne d’Investissement) constituent des alternatives sans risque de change.
Les obligations indexées offrent généralement des rendements réels de 1-2% au-dessus de l’inflation, performance modeste mais garantie qui sécurise une partie du patrimoine contre l’érosion monétaire. Cette classe d’actifs convient particulièrement aux investisseurs conservateurs ou proches de la retraite privilégiant la préservation du capital sur la croissance.
Les entreprises capables d’augmenter leurs prix sans perdre de clients (pricing power) constituent une excellente protection contre l’inflation et la dévaluation. Les secteurs essentiels comme l’énergie, l’alimentation, les services publics et la santé offrent typiquement ce caractère défensif .
Les entreprises européennes exportatrices bénéficient doublement de la situation actuelle : leurs revenus en dollars se traduisent en euros plus nombreux grâce au taux de change favorable, tandis que leurs coûts de production en euros restent stables. Cette asymétrie booste mécaniquement leurs marges et justifie des valorisations plus élevées.
Les matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux industriels, produits agricoles) voient leurs prix augmenter structurellement avec l’inflation et la dévaluation monétaire. L’accès via contrats à terme ou ETF spécialisés (comme Lyxor Commodities CRB) permet une exposition diversifiée sans les contraintes logistiques du stockage physique.
Les investisseurs français détenant des actifs américains substantiels (actions tech, obligations, immobilier) doivent impérativement envisager des stratégies de couverture de change pour protéger la valeur en euros de leurs portefeuilles.
Les contrats à terme (forwards) permettent de verrouiller un taux de change futur, éliminant l’incertitude sur les conversions à venir. Les banques françaises proposent typiquement ces instruments pour des montants à partir de 50 000 euros, avec des échéances de 1 à 12 mois.
Les options de change offrent plus de flexibilité : elles donnent le droit mais non l’obligation d’échanger à un taux prédeterminé, permettant de se protéger contre un scénario défavorable tout en bénéficiant d’une évolution positive potentielle. Cette asymétrie a un coût (la prime d’option), mais protège efficacement contre les mouvements extrêmes.
Les ETF de couverture inverse au dollar (comme ProShares UltraShort Euro ou WisdomTree Bloomberg U.S. Dollar Bearish Fund) permettent une exposition baissière au dollar accessible via un compte-titres ordinaire, sans nécessiter de compte dérivés .
Morgan Stanley projette une dépréciation supplémentaire de 10% du dollar en 2026, portant la baisse totale depuis début 2025 à près de 30% . Cette prévision repose sur la persistance des déséquilibres fondamentaux : déficits jumeaux, politique monétaire accommodante, et incertitudes politiques.
La croissance américaine attendue à seulement 1,4% en 2026 ne permettra pas de restaurer l’attractivité des actifs américains . La Fed devrait maintenir sa trajectoire de baisse des taux pour soutenir une économie fragile, creusant davantage l’écart avec la BCE qui pourrait commencer à remonter ses taux si l’inflation européenne repart.
La guerre commerciale Trump n’a pas atteint ses objectifs déclarés de réduction du déficit commercial. Au contraire, les représailles internationales ont fragmenté les chaînes d’approvisionnement et réduit la compétitivité américaine. Cette politique continuera de peser sur le dollar tant qu’elle persiste.
Une stabilisation du dollar est envisageable si plusieurs conditions se réalisent simultanément : résolution des tensions commerciales, ralentissement des baisses de taux par la Fed, et amélioration des indicateurs économiques américains .
Le consensus market positioning extrêmement baissier sur le dollar (position short record selon Bank of America) pourrait paradoxalement déclencher un short squeeze technique si des nouvelles positives surprennent les marchés [4]. Historiquement, les positions consensuelles extrêmes précèdent souvent des retournements à court terme.
Cependant, même dans ce scénario optimiste, une appréciation substantielle du dollar semble improbable. Au mieux, le DXY pourrait se stabiliser autour de 95-97, soit encore 5-7% en-dessous des niveaux de début 2025. Le dollar resterait structurellement faible pendant plusieurs années.
Dans un scénario de queue de distribution, une perte de confiance accélérée dans le dollar pourrait déclencher une crise monétaire. Si les banques centrales étrangères accélèrent massivement leurs ventes d’obligations du Trésor américain et la diversification de leurs réserves, le dollar pourrait connaître une chute de 30-40% en quelques trimestres.
Ce scénario catastrophe forcerait une réponse coordonnée internationale, potentiellement sous forme de nouveaux accords monétaires du type “Bretton Woods III”. Les discussions sur un nouveau système monétaire international incluant un panier de devises (dollar, euro, yuan, or) émergeraient rapidement.
Bitcoin pourrait jouer un rôle inattendu dans ce scénario, servant de monnaie neutre acceptable par toutes les parties dans un contexte de défiance mutuelle entre grandes puissances. Sa nature apolitique et sa rareté programmée en feraient un candidat naturel comme composante d’un nouveau système monétaire international.
L’euro devrait consolider autour de 1,18-1,20 USD selon les analystes, un niveau reflétant les fondamentaux relatifs entre les deux zones . L’excédent courant de la zone euro et la politique BCE équilibrée soutiennent structurellement la monnaie unique.
Cependant, une appréciation excessive de l’euro comporte des risques pour l’économie européenne. Un euro trop fort pénalise les exportateurs européens et complique l’atteinte de la cible d’inflation de 2% de la BCE. Christine Lagarde pourrait être contrainte d’intervenir verbalement pour limiter la montée de l’euro si elle dépasse 1,25 USD.
Certains économistes évoquent même la possibilité d’une “guerre des devises” où l’Europe chercherait activement à affaiblir l’euro pour protéger sa compétitivité exportatrice . Cette dynamique créerait un environnement volatil et imprévisible pour les taux de change en 2026.
La période 2025-2030 pourrait marquer un basculement historique du système monétaire international comparable à celui de 1971 (fin de l’étalon-or) ou 1985 (accords du Plaza). Les investisseurs positionnés correctement en amont de ces transformations structurelles peuvent générer des rendements exceptionnels tout en protégeant leur capital réel. Ceux qui ignorent ces dynamiques macroéconomiques s’exposent à une érosion silencieuse mais dévastatrice de leur patrimoine.