Bitcoin, un enjeu politique selon le professeur Rolland
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.
La hausse de la flat tax à 36% et la taxe Zucman déclenchent un débat explosif. Eric Larchevêque menace de quitter la France tandis que PowerHasheur dénonce un État obèse.

La France s’enfonce dans une crise fiscale majeure qui pourrait précipiter l’exode de ses entrepreneurs crypto les plus influents. Alors que le gouvernement envisage de porter la flat tax de 30% à 36% dans le budget 2026 et qu’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros (la “taxe Zucman”) fait son chemin, les figures emblématiques de l’écosystème crypto français montent au créneau .
Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé “flat tax”, s’applique depuis 2018 aux revenus du capital, incluant les plus-values sur cryptomonnaies. Actuellement fixé à 30% (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux), ce taux pourrait bondir à 36% dès 2026 selon les discussions budgétaires en cours à Bercy .
Cette mesure, encore non arbitrée, viserait à générer jusqu’à 1,44 milliard d’euros de recettes pour réduire un déficit public attendu à 4,7% du PIB. Chaque point de hausse rapporterait environ 240 millions d’euros, justifiant selon certains cette augmentation drastique .
Pour les investisseurs crypto, cette hausse représenterait une augmentation effective de 20% de la fiscalité sur leurs gains en capital. Dans un secteur déjà marqué par une volatilité extrême, cette ponction supplémentaire pourrait décourager massivement l’investissement et pousser les acteurs vers des juridictions plus clémentes.
Parallèlement, la “taxe Zucman” (du nom de l’économiste Gabriel Zucman) propose un impôt annuel de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Cette mesure, portée par la gauche et notamment La France Insoumise, cible les ultra-riches pour promouvoir une prétendue “justice fiscale”.
Des milliardaires comme Bernard Arnault ont qualifié cette taxe d’“insensée”, arguant qu’elle pénaliserait les start-ups tech valorisées sur papier mais non profitables. Cette critique résonne particulièrement dans l’écosystème crypto où des fondateurs comme Eric Larchevêque détiennent des participations dans des entreprises valorisées à plusieurs centaines de millions, sans pour autant disposer de liquidités suffisantes pour payer un impôt sur ce patrimoine “virtuel”.
Eric Larchevêque, cofondateur de Ledger (leader mondial des portefeuilles crypto) et de Coinhouse, a été le plus virulent dans sa réaction à ces projets fiscaux. Avec 75 184 followers sur X, il incarne l’entrepreneur crypto français à succès qui refuse de se laisser pressurer davantage.
Dans une vidéo YouTube devenue virale, Eric détaille son dilemme : “Je donne un tiers à l’État de tout ce que je gagne… Une telle taxe ne fera que faire partir les entrepreneurs, et moi le premier.” Il explique qu’il ne dispose pas des moyens pour payer 7,5 millions d’euros d’impôts sur un patrimoine constitué principalement d’actions non vendues.
Sa position est claire : “Si la valeur des bitcoins augmentent… cela ne génère aucune plus value. La plus value est générée au moment où je VENDS.” Cette distinction fondamentale entre valorisation latente et réalisation effective des gains est au cœur du débat fiscal.
Eric ne mâche pas ses mots concernant la gestion publique : il dénonce un État “obèse” vivant au-dessus de ses moyens et incapable de contrôler ses dépenses. Pour lui, augmenter les impôts plutôt que réduire les dépenses revient à “verser de l’eau dans un seau percé”.
Son message aux jeunes entrepreneurs est sans ambiguïté : “Le vrai malheur, ce n’est pas que les riches partent, c’est que les jeunes partent avant de devenir riches.” Il encourage ouvertement les entrepreneurs à quitter la France pour éviter l’hostilité fiscale croissante, une déclaration qui a déclenché des critiques virulentes.
Owen Simonin, alias PowerHasheur, influenceur crypto majeur avec 452 987 followers et CEO de Meria Finance, partage la frustration d’Eric. Sa position est pragmatique et technique : “Réduire les dépenses, voilà ce qu’il faut savoir faire. On est déjà l’un des pays les plus taxés au monde… L’État ne sait pas gérer son argent.”
Sur la proposition de taxer les gains latents en crypto (évoquée fin 2024), PowerHasheur a été catégorique : cette mesure ne passera pas car elle forcerait des ventes forcées pour payer l’impôt, risquant l’insolvabilité dans un marché aussi volatile que celui des cryptomonnaies.
PowerHasheur met en garde contre les difficultés techniques de calcul des plus-values crypto, qui pourraient piéger les investisseurs non experts. Dans un marché où les transactions sont fréquentes, automatisées et complexes (DeFi, yield farming, staking), calculer précisément les plus-values relève du parcours du combattant.
Il rappelle que si une taxe sur les gains latents était adoptée, “le Conseil constitutionnel devrait invalider cette loi” car elle contraindrait les contribuables à payer des impôts sur des revenus qu’ils n’ont pas effectivement perçus, violant ainsi des principes constitutionnels fondamentaux.
Philippe Duval, compte influent d’actualité politique avec 136 787 followers, a lancé une attaque en règle contre Eric Larchevêque dans un thread devenu viral. Il le décrit comme un “autoproclamé self-made man” qui occulte ses privilèges familiaux.
Duval dénonce notamment :
La réponse ironique d’Eric - “Ma bio wikimarxiste” - illustre le fossé idéologique entre ces deux visions de la France : celle des entrepreneurs créateurs de richesse face à celle des redistributeurs de richesse créée par d’autres.
D’autres voix critiques émergent sur les réseaux sociaux. @Ozanne Cadet suggère qu’Eric souffre d’un “trouble anxieux lié à la possession” pour sa défense acharnée de son patrimoine. Des posts satiriques imaginent Eric ruiné par la taxe en 2030, contraint de vendre ses actions à l’État.
Cette hostilité révèle une fracture profonde dans la société française : d’un côté, ceux qui considèrent les entrepreneurs tech et crypto comme des profiteurs de spéculation ; de l’autre, ceux qui les voient comme des créateurs de valeur et d’innovation pénalisés par un État confiscatoire.
La France est déjà classée parmi les pays à la fiscalité la plus lourde sur les gains en capital. Le taux effectif atteint 34% en incluant les surtaxes pour hauts revenus, notamment la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) qui impose un taux minimum de 20% pour les revenus dépassant 250 000 euros (célibataire) ou 500 000 euros (couple) .
Cette CDHR, instaurée en 2025, porte le taux effectif à 37,2% pour les plus fortunés (20% d’impôt minimum + 17,2% de prélèvements sociaux). Avec une flat tax à 36%, certains contribuables crypto pourraient se retrouver à des taux marginaux supérieurs à 40%.
Au-delà des hausses de taux, l’administration fiscale a renforcé drastiquement ses moyens de contrôle . Les sanctions en cas de non-déclaration de comptes crypto à l’étranger ont été alourdies :
La directive européenne DAC8, applicable dès janvier 2026, imposera aux plateformes crypto de communiquer automatiquement les données fiscales de leurs clients aux autorités. À partir de 2027, l’administration aura une vue d’ensemble complète des détenteurs français et des montants transférés.
La menace d’Eric Larchevêque de quitter la France n’est pas isolée. De nombreux entrepreneurs crypto ont déjà relocalisé leurs activités vers des juridictions plus favorables : Portugal (avant sa réforme fiscale), Suisse, Dubaï, Singapour, ou encore le Salvador pour les bitcoiners purs.
Cette fuite des talents et des capitaux prive la France de recettes fiscales futures bien supérieures aux gains immédiats d’une hausse d’impôts. Un entrepreneur qui part à 30 ans représente potentiellement 40 ans de contributions fiscales perdues.
Au-delà des considérations fiscales individuelles, ces mesures menacent le développement de l’écosystème blockchain français. La France compte pourtant des acteurs majeurs : Ledger, Coinhouse, Sorare, Aave (fondé par Stani Kulechov), et de nombreuses start-ups prometteuses.
Si les fondateurs et investisseurs quittent le pays, cet écosystème risque de s’étioler au profit de hubs plus attractifs. Les jeunes talents suivront naturellement, créant un cercle vicieux de déclin technologique.
La France se targue d’avoir été pionnière avec le statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques), offrant un cadre réglementaire clair aux acteurs crypto. Cette avance réglementaire contraste cruellement avec une fiscalité punitive qui annule tous ses bénéfices.
Comment attirer des projets crypto internationaux en France si les fondateurs et investisseurs savent qu’ils seront ponctionnés à plus de 36% sur leurs gains, voire taxés sur des valorisations non réalisées ? Cette contradiction stratégique condamne la France à rester un marché de consommation crypto plutôt qu’un centre de création.
Les défenseurs des hausses fiscales arguent que les ultra-riches doivent contribuer davantage à l’effort collectif. Avec un déficit structurel massif et des besoins sociaux pressants, taxer les gains en capital et les patrimoines importants semble légitime.
L’argument de la “justice sociale” résonne dans un contexte d’inégalités croissantes. Les critiques comme @p_duval estiment que les entrepreneurs crypto ont bénéficié d’aides publiques (infrastructures, éducation, recherche) et doivent donc “rendre à la collectivité” une partie de leur réussite.
Un argument fréquent contre les “crypto-riches” : leur richesse provient de spéculation sur des actifs volatils sans création de valeur économique tangible. Contrairement à un industriel qui emploie des milliers de personnes, un investisseur crypto s’enrichit sur des paris financiers.
Cette vision, bien que caricaturale (elle ignore les innovations technologiques blockchain et les emplois créés), alimente le sentiment que taxer lourdement ces gains est moralement justifié.
Pour Eric, PowerHasheur et leurs soutiens, le vrai problème n’est pas un manque de recettes mais un excès de dépenses. La France affiche l’une des dépenses publiques les plus élevées au monde (environ 57% du PIB), suggérant des marges d’économies considérables.
Augmenter les impôts sans contrôler les dépenses revient à “alimenter une tumeur” selon les termes de PowerHasheur : on nourrit un système défaillant plutôt que de le réformer en profondeur.
L’argument le plus puissant contre les hausses fiscales : elles accélèrent la fuite des talents. Les entrepreneurs ne partent pas seulement pour économiser des impôts, mais parce qu’ils se sentent rejetés, vilipendés, considérés comme des profiteurs plutôt que comme des créateurs.
La formule d’Eric résume ce drame : “Le vrai malheur, ce n’est pas que les riches partent, c’est que les jeunes partent avant de devenir riches.” Cette hémorragie de potentiel condamne la France à un déclin relatif face à des nations plus accueillantes envers l’entrepreneuriat.
Imposer des gains non réalisés (taxation des plus-values latentes) viole des principes constitutionnels et européens fondamentaux. Ces impôts confiscatoires dépassent les capacités de paiement et forcent la liquidation d’actifs, créant potentiellement des spirales d’insolvabilité.
Dans un marché aussi volatil que la crypto, un investisseur pourrait devoir payer des impôts sur des gains latents qui s’évaporent ensuite lors d’un bear market, le laissant endetté envers le fisc sans actifs pour honorer cette dette.
Les arbitrages sur la flat tax et la taxe Zucman devraient intervenir d’ici fin 2025 dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Si ces mesures sont adoptées, leur impact se fera sentir dès 2026, potentiellement déclenchant un exode massif avant leur entrée en vigueur.
Les entrepreneurs crypto disposent d’une fenêtre de quelques mois pour décider : rester et s’adapter, ou partir vers des cieux plus cléments.
Plusieurs juridictions se positionnent comme alternatives à la France pour les entrepreneurs crypto :
Dubaï : fiscalité nulle sur les plus-values, écosystème crypto dynamique, mais climat et éloignement culturel
Suisse : fiscalité modérée, stabilité politique, proximité culturelle et géographique
Portugal : fiscalité crypto encore attractive malgré les réformes récentes
Singapour : hub tech asiatique, mais coût de vie élevé
Salvador : paradis Bitcoin, mais infrastructure limitée
Certains espèrent que les menaces de départ massif forceront le gouvernement à reculer, comme cela s’est produit par le passé. Cependant, le contexte budgétaire catastrophique rend difficile tout renoncement à des recettes potentielles de plusieurs milliards.
Le débat fiscal français autour de la hausse de la flat tax à 36% et de la taxe Zucman cristallise une fracture profonde dans la société. D’un côté, un État en quête désespérée de recettes pour combler des déficits structurels ; de l’autre, des entrepreneurs crypto qui se sentent pressurés, vilipendés et poussés vers la sortie.
Les figures emblématiques comme Eric Larchevêque et PowerHasheur incarnent cette résistance, menaçant de quitter le pays si ces mesures sont adoptées. Leurs critiques – un État obèse incapable de contrôler ses dépenses, une fiscalité déjà parmi les plus lourdes au monde, une hostilité idéologique envers la réussite entrepreneuriale – trouvent un écho croissant dans l’écosystème tech français.
Face à eux, des voix comme celle de @p_duval accusent ces “crypto-riches” d’hypocrisie, de profiter d’un système qu’ils rejettent dès qu’on leur demande de contribuer davantage. Cette bataille idéologique dépasse largement la question fiscale : elle interroge le modèle de société que la France veut construire.
Pour l’écosystème crypto français, les enjeux sont existentiels. Si ces hausses sont adoptées et si l’exode annoncé se concrétise, la France perdra non seulement des contribuables fortunés mais surtout un potentiel d’innovation considérable. Les jeunes talents suivront naturellement leurs mentors et financeurs, créant un cercle vicieux dont le pays mettra des décennies à se remettre.
L’ironie ultime : la France, berceau des Lumières et de la liberté, pourrait devenir le symbole de l’enfer fiscal qui étouffe l’entrepreneuriat au nom d’une “justice sociale” qui finira par appauvrir tout le monde. Les prochains mois révéleront si le pragmatisme l’emportera sur l’idéologie, ou si la France s’enfoncera davantage dans une spirale de déclin auto-infligé.
Le Dr. Maël Rolland, pionnier de l'enseignement sur Bitcoin, analyse sa dimension politique comme une réponse à la centralisation du pouvoir monétaire des États.

Dans une décision qui secoue Washington et le monde de la crypto, Donald Trump a accordé une grâce présidentielle à Changpeng “CZ” Zhao. Une manœuvre politique qui relance la course pour faire de l’Amérique la “capitale des cryptos”.

L’Union Européenne a approuvé son 19ème paquet de sanctions contre la Russie, ciblant pour la première fois le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) et resserrant l’étau sur les transactions en cryptomonnaies.