0G Labs : un hacker pirate le compte X et dénonce une arnaque d’airdrop de 640 millions à 10 millions de dollars
Le compte X officiel de 0G Labs a été compromis le 5 octobre 2025, le hacker accusant publiquement le projet d’avoir trompé sa communauté en réduisant drastiquement l’allocation d’airdrop de 12% de l’offre totale (valorisée à 640 millions de dollars au pic) à seulement 10 millions de dollars .
Le hacker revendique son acte et accuse l’équipe
Le pirate informatique, s’identifiant comme OG Kabs, a publié un message sans ambiguïté sur le compte compromis : “Oui, j’ai piraté ce compte. Ce projet est de la merde totale et l’équipe a arnaqué la communauté. @michaelh_0g [CEO de 0G Labs] donnez à la communauté l’airdrop que vous avez PROMIS. Vous êtes de pires escrocs que moi”.
Les autorités de sécurité blockchain ont confirmé le 5 octobre que le compte officiel X de 0G Labs avait été compromis et diffusait des liens suspects vers de faux sites d’airdrop. L’incident a immédiatement déclenché une vague d’alertes de la part des agrégateurs de nouvelles crypto comme BlockBeats, PANews et Phemex, avertissant les utilisateurs de ne pas interagir avec les liens partagés depuis le compte piraté .
Michael Heinrich, apparemment associé au projet 0G, a rapporté avoir rapidement résolu le problème d’accès au compte avec l’aide de Verizon pour la récupération par téléphone et SMS . Cependant, le piratage a suffi à exposer publiquement les griefs accumulés de la communauté contre le projet.
Les accusations détaillées de manipulation d’airdrop
Morsy (@morsyxbt), analyste crypto qui suit 0G Labs depuis trois mois, a publié une liste exhaustive des pratiques contestables du projet qui ont déclenché la colère de la communauté :
Réduction drastique de l’allocation : L’équipe avait initialement annoncé une allocation de 13% de l’offre totale pour l’airdrop communautaire, soit environ 650 millions de dollars au sommet historique du cours . Cette allocation a été progressivement réduite pour atteindre finalement seulement 10 millions de dollars en valeur réelle distribuée, soit une diminution de 98,5% .
Tokenomics modifiés à plusieurs reprises : Les paramètres économiques du token ont été changés plusieurs fois après les annonces initiales, semant la confusion et la méfiance parmi les participants . Cette pratique rappelle dangereusement le cas Mantra (OM), un projet qui s’est effondré de 99% après des pratiques similaires .
Opacité totale sur les critères d’éligibilité : 0G Labs n’a jamais publié d’article transparent détaillant les métriques d’éligibilité, se contentant de vagues références à des “critères d’éligibilité” sans précision . Cette absence de transparence a empêché les utilisateurs d’évaluer correctement leurs chances avant d’investir temps et argent dans l’écosystème.
KYC forcé avec allocations cachées : Le projet a obligé les utilisateurs à compléter un processus KYC (Know Your Customer) avant de révéler leurs allocations individuelles. Cette tactique a piégé les participants qui, après avoir fourni leurs données personnelles, ont découvert qu’ils ne recevraient que 2 à 4 tokens, soit environ 10 à 15 dollars .
Plus de 20% d’inéligibilités post-KYC : De nombreux utilisateurs qui étaient marqués comme “éligibles” avant le KYC se sont retrouvés “non éligibles” après avoir soumis leurs documents d’identité . Cette bascule a créé un sentiment de trahison massive au sein de la communauté, certains accusant le projet d’avoir délibérément utilisé cette méthode pour réduire les coûts de distribution.
Les node runners trahis : Les opérateurs de nœuds de stockage, qui avaient investi entre 50 et 100 dollars plus plusieurs mois d’efforts techniques, ont reçu des allocations dérisoires qualifiées de “cacahuètes” . Le projet avait pourtant clairement promis que les node runners recevraient des allocations substantielles au TGE (Token Generation Event) .
Favoritisme envers les utilisateurs Binance : Alors que les contributeurs organiques de 4 à 6 mois ont reçu des montants négligeables, les utilisateurs de Binance (qui ne connaissaient même pas le projet) ont obtenu 2,5% de l’allocation totale . Cette distribution asymétrique a révélé que le projet privilégiait les partenariats d’échange aux dépens de sa communauté fidèle.
Le “crime pump” et le passage à l’USDT : 0G Labs a gonflé artificiellement le prix du token lors du lancement, puis a modifié le système de récompenses en passant de tokens fixes à une valeur USDT fixe . Cette manipulation a permis de distribuer beaucoup moins de tokens que prévu initialement, tout en prétendant honorer les promesses en termes de valeur dollar.
Les chiffres qui ne collent pas
Selon les tokenomics officiels publiés par 0G Labs, l’offre totale de tokens $0G s’élève à 1 milliard, avec 56% (560 millions) alloués à la croissance communautaire et écosystémique . Cette allocation de 56% se décompose en 28% pour l’écosystème général, 15% pour les nœuds d’alignement IA, et 13% (130 millions de tokens) pour les récompenses communautaires .
Si on prend les 13% annoncés initialement (130 millions de tokens) et qu’on applique le prix au pic (environ 5 dollars selon les estimations de marché pré-lancement), cela donne effectivement une valeur théorique de 650 millions de dollars [4]. Les analystes de Whales Market avaient estimé qu’une allocation de 0,5% à 3% aux détenteurs de NFT One Gravity serait raisonnable, soit entre 5 et 30 millions de tokens .
Cependant, la réalité de la distribution finale s’est avérée bien plus maigre. Les 130 millions de tokens de récompenses communautaires devaient être partagés entre plusieurs groupes : la communauté Discord, les contributions sociales et quêtes, les “yappers” Kaito, et les détenteurs de NFT One Gravity . Cette fragmentation explique en partie la réduction des allocations individuelles, mais pas l’écart massif entre les attentes créées et les montants distribués.
Le blog officiel de 0G Labs publié le 20 septembre 2025 explique que les détenteurs de NFT One Gravity recevraient leurs allocations “affichées dans le portail d’airdrop, avec une portion réclamable au TGE et le reste distribué progressivement via des snapshots aléatoires” . Cette formulation vague a contribué à la confusion et à la déception généralisée.
Les précédents inquiétants : Mantra 2.0
Morsy et d’autres analystes comparent explicitement 0G Labs à Mantra (OM), un projet qui s’est effondré de 99% après avoir adopté des pratiques similaires . Gautam Gupta, un autre analyste crypto, a détaillé les parallèles troublants entre les deux projets dans un thread viral du 22 septembre 2025 [10]:
Mantra (OM) : Absence de transparence avec la communauté, promesse d’airdrop puis inéligibilité de nombreux utilisateurs, tokenomics opaques et modifiés à plusieurs reprises, défense des mauvaises décisions par l’équipe au lieu de corriger le tir .
0G Labs : Absence de transparence (seulement 4% de l’offre pour airdrops sans article clair sur la destination du reste), tokenomics modifiés, promesses aux node runners non tenues, allocations cachées jusqu’après KYC, plus de 20% d’utilisateurs devenus inéligibles post-KYC .
Cette comparaison a gagné en crédibilité au point que le hashtag #ogscam est devenu tendance sur X, avec des utilisateurs partageant leurs expériences négatives et avertissant la communauté crypto plus large .
La controverse antérieure avec Bitget
Avant même la controverse sur l’airdrop, 0G Labs était déjà impliqué dans un conflit juridique avec l’exchange Bitget. Le 28 septembre 2025, la 0G Foundation a publiquement accusé Bitget d’utiliser ses tokens dans une campagne Launchpool et airdrop sans approbation, violant directement un accord signé .
Selon 0G, un contrat prévoyait que les tokens devaient être alloués exclusivement pour une campagne de staking structurée sur 90 jours avec des taux APY prédéfinis . Bitget aurait partagé un plan marketing incluant des airdrops quelques jours avant le lancement du token, en contradiction directe avec l’accord finalisé. Malgré les objections de 0G, Bitget a procédé au lancement d’un Launchpool et d’un airdrop, réduisant la campagne prévue de 90 jours à seulement trois .
Fenwick & West, le conseil juridique de 0G, a envoyé une lettre de mise en demeure exigeant que Bitget cesse les activités non approuvées et rachète tous les tokens détournés du programme de staking original . Bitget a répondu en affirmant qu’il s’agissait d’un malentendu terminologique, l’exchange interprétant le Launchpool comme une variante du staking .
Cette controverse a créé un précédent inquiétant, suggérant que 0G Labs pourrait avoir des difficultés à maintenir le contrôle de sa distribution de tokens et à honorer ses engagements contractuels, même avec des partenaires institutionnels majeurs.
La réaction de la communauté et les signaux d’alarme
Gautam Gupta a résumé le sentiment communautaire dans son analyse : “Votre projet a grandi grâce à la communauté uniquement. La même communauté peut le détruire. Arrêtez de vous cacher, soyez transparents, ou perdez toute confiance” . Il prédit que 0G suivra la même trajectoire que Mantra, avec un effondrement des prix une fois que la réalité de la distribution deviendra évidente pour le marché plus large .
Les signaux d’alarme identifiés par les analystes critiques incluent plusieurs éléments troublants. La croissance organique du projet reposait principalement sur les contributions de la communauté (nœuds, testnet, Galxe, engagement social), mais cette même communauté a été “jetée sous le bus” selon l’expression de Gupta . Quand les utilisateurs ont commencé à poser des questions légitimes sur la distribution, l’équipe a choisi d’ignorer ou de défendre ses positions plutôt que de dialoguer et corriger .
L’impossibilité de récupérer le compte X immédiatement après le piratage et la nécessité de recourir à des procédures de récupération téléphonique suggèrent également des failles dans la sécurité opérationnelle du projet . Pour un projet se positionnant comme infrastructure Layer 1 de pointe pour l’IA, cette vulnérabilité basique est particulièrement préoccupante.
Qu’est-ce que 0G Labs et pourquoi tant d’attentes
0G Labs se présente comme “la plus grande blockchain Layer 1 construite pour l’IA” , visant à fournir une infrastructure décentralisée pour les applications d’intelligence artificielle. Le projet a levé des fonds substantiels auprès d’investisseurs de premier plan, créant des attentes élevées dans la communauté crypto.
Le token $0G a été lancé avec une offre totale d’1 milliard de tokens, répartie entre la communauté/écosystème (56%), l’équipe core et les premiers backers (44%) . Cette structure de distribution relativement équitable sur le papier a attiré de nombreux early adopters espérant participer à l’airdrop communautaire de 13%.
Le projet a mis en avant plusieurs vecteurs de participation : les détenteurs de NFT One Gravity (la collection officielle représentant “les premiers croyants”), les membres actifs de la communauté Discord, les participants aux quêtes sociales, et les “yappers” Kaito (créateurs de contenu) . Cette diversité de points d’entrée a créé une large base de participants investis dans le succès du projet.
Les node runners ont été particulièrement ciblés, le projet promettant explicitement que les opérateurs de nœuds de stockage recevraient des allocations significatives au TGE . Ces promesses ont motivé des centaines d’utilisateurs à investir du temps et d’argent pour maintenir l’infrastructure technique du réseau avant son lancement officiel.
Les implications pour l’écosystème crypto français
Pour les investisseurs et participants français, le cas 0G Labs illustre plusieurs leçons critiques sur la participation aux airdrops et aux projets pré-lancement. La première règle reste de ne jamais investir plus de temps ou d’argent que ce qu’on peut se permettre de perdre complètement, même pour des projets apparemment légitimes avec des backers institutionnels solides.
La transparence doit être exigée dès le début. Un projet refusant de publier des critères d’éligibilité clairs ou modifiant ses tokenomics après avoir attiré des participants montre un manque de respect fondamental pour sa communauté. Les drapeaux rouges incluent les allocations cachées jusqu’après KYC, les changements de dernière minute dans les conditions de distribution, et l’absence de communication claire face aux questions légitimes.
Les comparaisons avec d’autres projets problématiques comme Mantra ne doivent jamais être ignorées. Quand plusieurs analystes indépendants identifient les mêmes patterns de comportement toxique, il est généralement sage d’écouter leurs avertissements plutôt que de les balayer comme du “FUD” (Fear, Uncertainty, Doubt).
Le KYC forcé sans transparence préalable sur les allocations devrait automatiquement déclencher la méfiance. Cette tactique piège les utilisateurs en collectant leurs données personnelles sensibles avant de révéler qu’ils ne recevront pratiquement rien, créant une situation où abandonner signifie avoir exposé son identité pour rien.
Les recours possibles pour les victimes
Les participants qui se sentent trompés par 0G Labs ont plusieurs options limitées. Documenter toutes les promesses initiales du projet via captures d’écran, messages Discord archivés, et publications officielles peut constituer la base d’une action collective si suffisamment d’utilisateurs s’organisent.
Signaler le projet sur les plateformes communautaires comme Reddit, Twitter et les forums crypto spécialisés aide à protéger les futurs investisseurs potentiels. Les agrégateurs de scams crypto comme Chainabuse ou CryptoScamDB peuvent également référencer le projet si les preuves de manipulation sont suffisantes.
Contacter les exchanges qui ont listé le token $0G pour les alerter des controverses peut exercer une pression institutionnelle. Certains exchanges ont des standards de listing qui incluent des clauses éthiques, et une exposition médiatique négative peut les pousser à réévaluer leur support.
Cependant, la réalité juridique est complexe. Les airdrops ne constituent généralement pas des contrats légalement contraignants, et les promesses marketing vagues sont difficiles à poursuivre en justice, surtout quand les équipes opèrent depuis des juridictions favorables aux entreprises crypto. La meilleure protection reste la prévention : identifier les signaux d’alarme avant d’investir temps et argent.
L’avenir incertain de 0G Labs
Le piratage du compte X et l’exposition publique des griefs communautaires créent un moment de vérité pour 0G Labs. L’équipe peut soit choisir de restaurer la confiance en publiant une transparence complète sur la distribution réelle, en compensant équitablement les participants lésés, et en s’engageant publiquement à des standards éthiques stricts. Soit continuer sur la voie actuelle et risquer de devenir le prochain cas d’école de projet crypto s’effondrant suite à la perte de confiance communautaire.
Les comparaisons avec Mantra sont particulièrement lourdes de sens. Mantra (OM) a vu son token s’effondrer de 99% après que les pratiques opaques de l’équipe ont été exposées, détruisant des centaines de millions de dollars de valeur et ruinant la réputation du projet de manière permanente . 0G Labs risque une trajectoire similaire si la controverse actuelle n’est pas résolue de manière satisfaisante et transparente.
Le hashtag #ogscam qui circule maintenant sur les réseaux sociaux crypto pourrait devenir une marque indélébile, empêchant toute adoption future même si le projet possède une technologie sous-jacente valable . Dans l’écosystème crypto où la réputation est primordiale, perdre la confiance de la communauté équivaut souvent à une condamnation à mort commerciale.
Pour les observateurs français de l’écosystème crypto, le cas 0G Labs rappelle l’importance cruciale de la diligence raisonnable, de l’exigence de transparence, et de l’écoute des signaux d’alarme émis par les analystes critiques. La promesse de gains rapides via airdrops ne doit jamais justifier l’acceptation de pratiques opaques ou la remise de données personnelles sans garanties solides.